Samedi 29 novembre.
Une chose est sûre, la Papouasie, ça se mérite …
Pour nous l’aventure a commencé à Paris : nous devions voler avec Thaï Airways, Paris-Sydney, via Bangkok ! Vus les événements à l’aéroport de Bangkok, vol annulé !!! Heureusement les services de Thaï sont efficaces et ils nous ont reroutés via Hong-Kong sur Air France et Qantas. Finalement, nous partirons et arriverons à l’heure prévue initialement, incroyable, mais vrai.
Cela dit, départ de chez nous jeudi à 11h ; arrivés à Walindi Plantation (notre première étape papoue) : samedi 18h. Même en décomptant les 9h de décalage, ça fait tout de même 46h de voyage (dont une courte nuit de 6h à l’aéroport de Sydney). 4 vols : Paris-Hong Kong, Hong Kong-Sydney, Sydney-Port Moresby et Port Moresby-Hoskins (dans la province de New Britain). Nos vols Air Niugini (la compagnie locale) étaient à l’heure, ce qui est paraît-il assez rare. Curieusement également, nos bagages ont suivi.
Installation dans notre bungalow et dîner. On est un peu au milieu de nulle part, le temps est humide, la mer sans ride (eau à 31°), la végétation luxuriante ; un aperçu de l'endroit :




complètement déphasés, on dort peu et mal.
Dimanche 30 novembre
2 premières plongées : un peu décevant, les récifs sont superbes, mais la visi est assez pourrie, à tel point que je prends peu de photos sur la première plongée et que je ne prends pas l’appareil pour la seconde.
Kimbe Bay est une baie protégée, réputée pour ses eaux calmes (c’est vrai), poissonneuses (c’est vrai aussi), et ses eaux translucides (ça, c’est pas vraiment vrai, en tout cas pas en cette saison).
Il fait plutôt beau dans la journée ; chaud et humide ; le soir, il pleut. Apparemment il a beaucoup plu ces derniers temps, d’où cette eau assez trouble ; beaucoup de sédiments en suspension …
Après-midi cool ; lecture, sieste, on se recale … du moins on essaye.
On s’endort dès 21h, mais on se réveille à 4h et quelques … Bizarre, on est décalés à l’envers !?!
Lundi 1er décembre
Deuxième jour après une nuit d’orage où il a flotté dru pendant des heures. Claire se réveille patraque, déjà touchée par la gastro !!!
On avait une journée complète de plongée prévue, deux le matin, pique-nique sur une île et une troisième en début d’après-midi ; retour au Lodge vers 16h. On annule : je ne veux pas l’abandonner. Chevaleresque, non ?
Finalement, comme elle dort tout le temps, je me laisse tenter par une petite plongée l’après-midi, avec un canadien qui se dit « Travel Writer/Photographer » ; il habite Toronto, il bosse (épisodiquement) pour un site web de plongée basé à Copenhague (!!!) et inconnu (du moins de moi) : www.xray-mag.com et est surtout branché Asie. Il est gras, bavard, un peu look Big Lebowsky, mais super sympa. Lui a eu moins de chance que nous, ses bagages n’ont pas suivi, mais il loue tout et plonge quand même …Demain il attend ses deux caissons et ses quatre flashes !!!
Claire a passé sa journée au lit.
Bon. On va voir comment tout ça évolue, mais la première impression est mitigée et pour tout dire, plutôt décevante … La bouffe est plus que moyenne, en plus …
Mardi 2 décembre
Claire va mieux ; pas parfait, mais mieux ; on décide donc d’aller plonger. Ils ont encore prévu trois plongées avec pique-nique ; je négocie que nous n’en fassions que deux et après le pique-nique près d’une île déserte, un bateau vient nous chercher et nous rentrons.

Cela dit, deux belles plongées, surtout la première, sur un « sea-mount » (les australiens disent « bommy », les français un « sec ») dont le sommet est à -14m. Banc de barracudas, deux requins gris, un pointe blanche et une foule de poissons de récif, dans une eau à eau près belle.




L’après-midi, je m’occupe de mes photos ; Claire lit et dort …
Dîner toujours fade, mais on sympathisé avec un couple d’allemands qui viennent de faire une croisière sur le Star Dancer (Peter Hughes), dont le port d’attache est justement Walindi, le canadien qui a retrouvé ses bagages et qui plonge avec nous et un japonais (jeune médecin psychiatre), qui a passé 2 ans à Toulouse et qui parle bien le français (il est avec une copine et une copine de sa copine). Bref, on socialise vaguement.
Tout le monde s’accorde à trouver que Kimbe Bay n’est pas le paradis promis, même si le personnel de la Walindi Plantation est hyper sympa. Tous ont déjà plongé un peu partout (à l’évidence, la Papouasie n’est pas en tête de liste pour grand monde …).
Mercredi 3 décembre.
Claire se réveille à 4h du matin, mais elle va mieux ! On décide de faire les 3 plongées cette fois-ci. Départ 8h, comme chaque matin, une heure de bateau pour rallier un autre « sea-mount » un peu plus profond (-17m). Bien. Toujours grosse activité de poissons : barracudas, carangues, empereurs, mais pas de requins … Belle plongée tout de même ; deuxième plongée sympa aussi. Et déjeuner à bord, plutôt meilleur qu’à l’hôtel.
Tiens je ne vous ai pas parlé des bateaux. Ben on a vu mieux : bateau alu assez petit, tout est un peu entassé ; le matériel dans des caisses, mais nous aussi, car il n’y a pas de banc pour s’asseoir, donc on reste debout, ou assis par terre ; pas de place pour s’allonger, si on est 5 ou 6, ça va ; si on est 10 ou 11, c’est assez peu confortable … Bref.
Pour la troisième plongée, on avait demandé, le canadien et moi un peu de « muck dive » ; on s’est donc fait larguer sur notre fameuse île déserte (Claire est venue), avec un DM et on a passé plus d’une heure dans le sable, à chercher à photographier des gobies, ces saloperies d’anguilles jardinières, que dès que tu t’approches, elle se cachent … (Caramba ! Encore raté !!) Et puis, les éternels poissons clowns, un juvénile de poisson pierre tout blanc, … Bref, des petites choses. Rien de grandiose, ni de jamais vu, mais sympa.



Les japonais qui étaient allés plonger sur un site corallien plus classique sont revenus nous chercher et nous sommes rentrés vers 16h à l’hôtel.
Travail des photos, Claire bouquine ou dort … Dîner.
Les jours se suivent …
Jeudi 4 décembre
Ben, toujours un peu pareil, petit dej’ 7h, départ plongée 8h ; 2 plongées seulement aujourd’hui : encore un « sea mount », encore plus profond (sommet -22m), moins d’activité de gros ; il y a bien des barracudas, mais ils sont profonds 35m+, on ne descend pas …
A la sortie, on se prend une averse tropicale genre déluge et on se dirige vers la 2ème plongée, le même « sea mount » que nous avions trouvé super mardi ; c’est toujours aussi bien : grosse activité de pélagiques : carangues, barracudas, requins et plein de platax …
Déjeuner sur le bateau assez nul et on rentre.
Après-midi, farniente !
Rien de très papou pour l’instant ; séjour « plongée tropicale » sympa, sans plus.
On souffre un peu de la bouffe …
Vendredi 5 décembre
Journée banale : 2 plongées le matin, RAS.



Après-midi rien au programme, d’autant que j’ai une oreille très douloureuse, mébon, ça va …
Surprise, on a un « after » : aller voir les « fire flies » la nuit dans les arbres. En gros, des lucioles, mais il y en a des centaines et les arbres sont tout illuminés comme les Champs-Elysées à Noël … en pleine forêt ! Cool, non ? Balade en 4x4, à 5 mn de l’hôtel … on allait quand même pas y aller à pied !
Samedi 6 décembre
Mon oreille va mieux : 3 plongées ; ce sont les dernières … Eh bien, c’était pas mal du tout, malgré la visi toujours très moyenne (je ne rapporte pas les plus belles photos de ma vie !) . Toujours ce « sea mount » (Inglis shoals, pour la 3ème fois) bourré de barracudas, requins (4 requins gris bien excités par les sardines qu’on leur a apportées), carangues, platax, … beaucoup d’action !



Puis deux autres déjà faits aussi, mais assez jolis.




Bouffe toujours bien limite, dommage !
On a fait connaissance avec un gentil couple homo, mariés (!), un belge -Gauthier- et un italien -Roberto-, ce dernier étant fonctionnaire européen. Ils ont plongé avec nous, sont très sympas (l’italien est avec sa mère, venue tout exprès pour les voir …). Ils sont installés à Port Moresby et nous ont invités à prendre l’apéro chez eux lundi soir avec l’ambassadeur de France en PNG ! Cool …
Dimanche 7 décembre
Journée libre, repos … ça va pas vraiment nous changer … enfin … finalement Claire part toute la matinée faire du snorkel en accompagnant les plongeurs ; moi je reste à préparer mes photos.
Après-midi cool.
Dîner avec les allemands et nos nouveaux amis gays. Petite projection de photos et dodo.
Demain on quitte le Resort à 5h du mat’ pour décoller vers Port-Moresby, journée libre, repos (encore) et ensuite, le grand saut dans l’inconnu : le trek-aventure dans les Highlands !
Voilà. Fin de la première partie …
Lundi 8 décembre : Port Moresby
Lever 4h30, petit dej’ rapide, départ 5h et avion (à l’heure) à 7h15 pour Port Moresby.Un mec nous attendait à l’aéroport, on ne le savait pas vraiment et on le rate. On va direct à l’hôtel Airways qui a un shuttle gratuit ; du coup, c’est lui qui s’inquiète, il ne nous retrouvera que vers 14h, tranquillement installés à l’hôtel … Bref.Entre temps, on aura pris notre chambre, passé la matinée à la piscine (superbe), Claire aura pris un massage d’une heure et on aura déjeuné …Il vient nous donner nos bons d’échange et aussi prendre les bagages que l’on ne peut pas emporter pendant le circuit.Claire a rendez-vous avec Gauthier (le mari d’Alberto, ou sa femme, on ne sait pas) pour aller « visiter » Port Moresby, son marché, son Parlement, son musée (de l’extérieur), … moi, je prépare le blog, je bouquine et je somnole. Je les retrouve vers 17h pour aller chez Gauthier et Roberto (qui ont un superbe appart, dominant la baie ; 1000 Euros la semaine, tout de même … Port Moresby a beau être plus ou moins l’un des trous du cul du monde, les prix sont pas donnés !), puis apéro dînatoire (divers amuse-gueules, toasts au foie gras, champagne, … ça nous change de la cuisine de Walindi !) où sont effectivement conviés l’ambassadeur de France et sa femme (dont je découvre qu'il me connait de par ma profession !!), l’ambassadeur des communautés européennes (un dénommé Aldo !), en charge du financement par l’Europe de projets sur Nouvelle-Guinée, Vanuatu et îles Salomon (vaste programme …) ; il y a même un commissaire européen, venu tout exprès de Bruxelles pour quelques jours et quelques réunions … Vous voyez, du beau monde, mais en fait tout ça dans une ambiance très cool, très décontractée (PNG oblige) ; on n’a pas du tout l’impression de s’être trompés de porte …
Retour à l’hôtel vers 20h.
1ère étape "Aventure" : 3 jours à Mount Hagen
Mardi 9 décembre
Départ de l’hôtel à 7h, avec le mec qu’on avait raté à l’aller ; heureusement qu’il est là : à l’enregistrement, les ordis sont en panne, tout se fait à la main et il y a 200 ou 300 personnes -difficile à dire- qui s’entassent devant les comptoirs. Il se démerde, on ne sait pas trop comment pour nous faire passer quasiment devant tout le monde, sans provoquer d’esclandre. Le vol prévu à 8h45 partira à 9h40, c’est encore une fois assez inespéré. Nos bagages sont à l’arrivée … Espérons que ça durera, Inch’Allah !
Deux papous nous attendent et nous conduisent par une route de montagne boueuse à notre lodge (situé à 2000m) : Rondon Ridge, superbe eco-lodge de la province de West Highlands, dominant la vallée et où nous sommes les seuls clients !


Déjeuner (tout exprès rien que pour nous),

puis petite balade dans la forêt autour, et le village avoisinant (à peine 1h30), et déjà une approche -certes encore très soft- des pistes boueuses et de quelques indigènes



mais il ne pleut pas, il fait même assez beau ;

l’altitude aidant, l’air est frais sans être froid, bref, assez agréable.

Cela dit, on espère que les jours suivants seront un peu plus denses, parce que là c’est le grand calme ; on va manquer de bouquins, Claire surtout …
Surprise, en fin d’après-midi on nous annonce qu’un autre couple vient d’arriver : ce sont deux anglais retraités, vivant à Cardiff. Ils sont partis pour 11 semaines et ont volé de Londres à Moscou, puis ont pris le transsibérien jusqu’à Oulan-Bator, ont passé quelques temps en Mongolie sous la yourte et la neige, puis on continué sur Beijing. De là, ils ont renvoyé par avion leurs affaires d’hiver et sont partis aux Philippines ; ensuite, Singapour, puis Port Moresby ; ils sont en PNG pour une dizaine de jours et partent ensuite en Australie, font un saut en Nouvelle-Calédonie puis en Tasmanie (où faute de trouver des hôtels en ces périodes de fête, ils ont loué un camping car) et enfin aux Fidji, avant de rentrer par Buenos Aires et Madrid !!! Quand je pense que Claire trouve que je veux trop voyager … à l’évidence, je ne suis pas le seul ; il y a même pire !
Dîner assez bon. On est au lit à 20h30 !
Mercredi 10 décembre
Départ 9h, pour aller visiter 3 villages de la vallée : le premier est en fait un centre « culturel » où ils simulent l’histoire des « mud men » : des méchants ont chassé par les armes de gentils agriculteurs de leurs terres ; les méchants font du feu, s’installent, font venir leurs femmes et sont bien contents d’avoir cette terre en plus. Les gentils, pour se venger, se couvrent de boue, revêtent des masques de terre cuite et retournent chez les méchants pour les effrayer. Ces derniers pensant que ces « mud men » sont les fantômes des gentils qui viennent les prendre, s’enfuient en leur restituant leur terre. C’est pas le Ramayana, mébon … Bref, ils nous jouent tout ça en costume ; c’est évidemment pour les touristes (cela dit, nous ne sommes que 4 !), mais c’est sympa et ça fait de belles photos …






Je suis sûr que vous ne m’aviez pas reconnu …

Il fait très beau aujourd’hui, pas la moindre goutte de pluie, grand soleil ; il fait même, malgré l’altitude, assez chaud.
Le deuxième village est aussi une reconstitution de divers trucs traditionnels ;



là, pas d’histoire, mais ils nous montrent comment ils cultivaient la patate douce, comment ils obligeaient la canne à sucre à pousser en hauteur (passionnant !), comment ils conciliabulent entre hommes pour décider des aménagements du village, des rapports avec les clans voisins, etc. …

tout plein de choses très intéressantes (sic), mais là aussi assez photogéniques, même si évidemment, tout ça est simulé.
Je ne suis pas sûr qu’il y ait encore des endroits où les gens vivent comme ça et s’il y en a, je ne crois pas que nous puissions y aller …


Pique-nique dans ledit village.
Troisième et dernière étape, un petit village où un mec, tout seul avec sa femme et ses deux filles, a réalisé un assez superbe jardin qui comporte un toucan,

plusieurs centaines de sortes d’orchidées et je ne sais combien d’espèces autres.
Il possède aussi un superbe opossum au pelage de neige !


Encore des photos … J’en aurai pris en gros 80 aujourd’hui.
Retour au Lodge vers 16h. Fin des activités.
Dîner 19h. Au lit à 20h30 … la vraie vie …
Jeudi 11 décembre
Départ 9h à nouveau, cette fois-ci vers des villages à l’ouest de la vallée (hier nous étions allés vers l’est) ; les anglais, le mari étant malade, ne viennent pas.
Le matin, le temps semble plus couvert qu’hier, mais il ne pleut pas.

Il fait doux. En fait rapidement le temps se dégage ; il fera beau et chaud toute la journée. Sachant que c’est censé être déjà la saison des pluies et que dans les Highlands il pleut particulièrement beaucoup, pour l’instant, on a du bol …
Cela dit journée sans grand intérêt ; on nous rejoue quelques saynètes alc du genre : quand les femmes ont leurs règles, elles ont impures (ça on le sait !), donc non seulement on ne dort pas avec elles, mais elles n’ont plus le droit d’arracher les patates douces à la main, elles se contentent de les déterrer avec un bâton et le mari les ramasse.


Comme elles sont impures, il se fait lui-même la cuisine … Marrant, non ? Cela dit, il se casse pas, il se fait justes des patates douces cuites sous la cendre.

Ensuite, on fait connaissance avec toute la famille.



Puis route superbe, entre montagne et vallées, rivières et cascades.


Dans le deuxième village, le chef était malade, donc pas en tenue traditionnelle, mais bêtement en chemise ; il nous présente quand même 3 de ses 5 femmes, toutes plus moches les unes que les autres, mais parées de coquillages …

Pour finir, un petit tour au marché, ses légumes,

Et son rayon mode.

Retour 15h30. Fin du programme Mount Hagen. C’était le début du circuit et a priori la partie la moins authentique. On espère que la suite sera plus « ethnique » …
Demain matin on décolle en effet en petit avion taxi pour Karawari Lodge, dans la région de la Sepik river. Il est censé faire chaud, humide et moustiqueux … On va voir.
Encore une surprise au dîner, on voit débarquer une australienne, qui vient voir dans quelle mesure elle peut développer son propre business dans l’écotourisme pour australiens et un sudaf’ (Brent Stirton : http://www.brentstirton.com/), photographe pro vivant à New-York, spécialisé dans la couverture des conflits (il revient du Congo), ayant deux contrats annuels avec National Geographic, plusieurs avec Newsweek et en reportage pour Discovery Channel sur la persistance de la culture traditionnelle en PNG …
Un petit "billet" de Claire :
En gros, c’est un pays de cocagne où il suffit de lever le bras pour cueillir un avocat ou une banane ou de se baisser pour trouver une cacahouète ou une savoureuse patate douce… On sait même faire son feu juste avec un bambou bien sec ! Que demande le peuple ? Des cochons ! Le comble de la richesse ici c’est d’avoir des cochons.
Avec des cochons on achète une femme qui s’occupera des champs pour les cochons et qui travaillera si dur qu’elle permettra d’acheter d’autres cochons ! Voilà le bonheur suprême !
Montrer à son voisin qu’on a plus de cochons !
Malheureusement, tout ne va pas si bien dans le meilleur des mondes puisque les hommes, s’ils cajolent leurs cochons, battent leurs femmes. Ils les ont acheté le prix de plusieurs cochons et elles ne donnent pas toute satisfaction ! Une honte !
Il faut dire qu’ils ont de drôles de mœurs puisque la femme est impure non seulement pendant ses règles mais aussi pendant le temps où elle allaite qui est de 4 ans par enfant ! On ne peut pas dire que le sexe soit une distraction courante chez le papou, avec les femmes en tous cas !
Je n’ai pas osé demander si les hommes avaient droit de substituer leur cochon à leur femme pendant ces longues années de chasteté mais on comprend que l’abstinence leur monte à la tête à ces merveilleux papous !
Oh, le beau pays que voilà !
C’est la première fois que je vois un pays où pas une femme ne porte un bijou.
2ème étape "Aventure" : 3 nuits à Karawari Lodge (Région de la Sepik river)
Vendredi 12 décembre
Départ 7h15, pour redescendre à l’aéroport, où notre avion-taxi nous attend.

On n’ira pas direct à Karawari, on ira d’abord à Tari, chercher 2 russes qui étaient à Ambua Lodge (où nous allons ensuite).

Deux vols de 40mn environ, au-dessus de la jungle papoue ;


le temps est assez clair et ce survol des montagnes couvertes de végétation est assez sympa ; l’arrivée au-dessus des méandres de la Karawari river est même assez superbe …

Piste en herbe ; aérogare réduite à une simple hutte ;
quelques dizaines de mètres à pied pour rejoindre le bateau qui nous emmène au Lodge … Enfin, à la jeep qui nous monte au Lodge.



Installation dans les bungalows, avec vue splendide sur la rivière. Il fait très beau et … très chaud !



Déjeuner (lasagnes bolognaises, ça tombe bien, on avait envie d’un truc frais et léger … mébon, elles sont très bonnes, alors !), une heure de repos et départ, par bateau,
pour un village voisin où on nous dit tout sur le Sago : comment on extrait la farine de la pulpe du palmier (car au départ c’est le tronc d’un certain palmier que l’on évide !), comment on en fait des galettes, du pudding (j’ai goûté, ça n’a absolument aucun goût ; faut de l’imagination en matière d’épices pour rendre ça sympa …), … bref, tout !





En revanche, sur le zizi, rien ! Ici, pas le moindre étui pénien en vue …
Ensuite balade le long de la rivière, sans but précis, mais le paysage est superbe (mais ça pourrait tout aussi bien être un affluent de l’Amazone ou -pour ceux à qui ça rappellera des souvenirs-, la rivière Kinabatangan …). On fait tout en bateau, ça vous a un petit côté Apocalypse now, les mitrailleuses en moins.


Retour au Lodge vers 16h30.


On attend les moustiques vers 18h …
Finalement pas si terrible … Dîner 19h. Coucher 20h15. Il pleut.
Samedi 13 décembre
Départ 9h.

Il fait à nouveau très beau ; l’après-midi promet encore d’être tiède …
Une heure de bateau, on descend la rivière Karawari



vers un village qui n’a rien de spécial (pas de show pseudo-ethnique),

c’est justement l’intérêt : voir tout simplement la vie dans un village reculé aujourd’hui, qui vit quasiment en autarcie, de sago, de pêche et, tout de même de sculpture qu’ils vendent aux quelques touristes qui s’aventurent jusqu’à eux.




Bon, ben, voilà, on a vu. Veni, vedi, reparti … non sans avoir acheté un truc, quand même.
Les enfants, toujours les enfants …

Déjeuner pique-nique sur le bateau. Ensuite, petite balade au fil de l’eau,



Puis un deuxième village, où là ils nous font une démo de la fin (juste l’extrême fin, hein !) d’une danse de la victoire sur les ennemis jurés du clan voisin ; ils s’acquittent de ça d’un air assez ennuyé ; on ne doit pas être assez nombreux pour qu’ils se donnent à fond ! Mébon, encore une fois, même si ça n’a vraiment rien d’authentique, ça fait toujours des photos colorées.





En fait ça l’est (authentique), mais seulement à l’occasion de fêtes -qu’on appelle sing-sing, ici- et naturellement pas en temps « ordinaire » ; dans la vie de tous les jours, ils sont en short et t-shirt ou chemisette, les enfants, en revanche sont à poil, mais pas peinturlurés …

Voilà, retour le long de la rivière, toujours aussi belle, mais on crève de chaud dès que le bateau ralentit, il fait pas loin de 35° à l’ombre, au soleil, mieux vaut ne pas savoir.

Retour vers 15h30. On se précipite sous la douche (froide !) et … repos.
Dimanche 14 décembre
D’abord Claire me souhaite un bon anniversaire papou ! Les brumes matinales dissipées, une journée de grand soleil s’annonce.


Programme assez voisin de celui d’hier, on se balade sur la rivière dans des paysages toujours superbes (tant pis si je me répète). On visite des villages, pleins de « bons sauvages », vivant heureux, loin des crises financières, loin de tout …



Les enfants sautent dans l’eau, les hommes fabriquent des canoës à tête de crocodile, sculptent des machins,


des masques, des tambours, les femmes pêchent, tissent, travaillent le sago, … que demander de plus, hein ? Ici, ils ne prennent même pas la peine de cultiver fruits et légumes : sago et poisson leur suffisent, sagesse ou paresse ?

On visite l’église, l’école ;


on grimpe sur la colline d’où on jouit d’un panorama splendide.


Ici, la vie est simple, sans souci.
On a tout de même droit à un petit show : les femmes se mettent en tenue traditionnelle de pêche (!), mais, euh … c’est vraiment juste pour la photo ; ça dure à peine 5 mn. Faut dire qu’elles l’avaient déjà fait hier pour notre ami Brent (le sudaf’) et ça les faisait un peu chier de recommencer pour 6 touristes …


Ensuite pique-nique sur le bateau,

au bord d’un lac lui aussi magnifique,


et pour finir petite visite dans un abri au bord du lac où ils fument le poisson …

Retour encore plus tôt que d’habitude : 14h30.
Après-midi cool, à bouquiner, écrire ces quelques lignes, travailler un peu les photos, … les vacances, quoi !
Dernier apéro en attendant le coucher du soleil …
Demain, départ pour Tari en avion-taxi, pour deux jours à Ambua Lodge, dans les Highlands du sud ; on sera à nouveau à 2000m et il fera plus frais. On espère pas trop pluvieux. Pour l’instant, pas un seul jour de pluie depuis le départ du circuit, juste quelques courtes averses le soir …
3ème étape "Aventure" : 2 jours à Ambua Lodge et la région de Tari
Lundi 15 décembre
Départ 8h. Brent vient avec nous à Ambua ; les 4 autres repartent vers Mount Ha gen.
Sympa, tout exprès pour nous, la piste a été fraîchement tondue (!)

Nouveau survol de la rivière serpentant entre les montagnes.

Arrivée non à Tari, comme nous pensions (c’est la bourgade la plus proche d’Ambua Lodge), mais directement sur la piste privée du Lodge …

Installation ; on est à nouveau à 2000 m, il ne fait plus 35°, mais 19° ; changement de climat assez radical ; l’air est frais mais pas froid ; en revanche il semble qu’il ait pas mal plu ; les abords sont trempés et bien boueux. Cela dit, encore une vue pas désagréable de nos huttes toutes rondes ;


Avant le déjeuner, il fait à peu près beau, on en profite pour aller faire une marche (un peu plus d’1h30) pas mal boueuse : le but, voir 2 cascades, en franchissant 3 ponts de singe, dans une dense « rain forest », en suivant une piste qui n’arrête pas de monter et de descendre …







Déjeuner, puis un peu de repos avant de faire la deuxième balade, vers une cascade encore plus grande.
Pas de bol (ou coup de pot, c’est selon …), on n’a pas fait 100m qu’il se met à flotter … demi-tour, toutes !
On patiente un peu, la pluie faiblit, Claire y va ; moi, je ne crois pas à l’accalmie et je renonce, je reste ; j’ai bien fait, 10mn après son départ, la pluie redouble … je m’demande dans quel état elle va rentrer …
Tiens, on frappe à la porte. Beuh … même pas drôle, elle avait pris un parapluie !

Je me recouche !

Mardi 16 décembre
Dernier jour « ethnique ».
6h ce matin on essaye d’aller voir des oiseaux de paradis ; il flotte, on en aperçoit vaguement 2-3 de loin, même avec mon 450mm, je les vois à peine …
Après le retour de ce « bird watching tour » assez nul et le petit dej’, on va assister à la préparation, puis à l’exécution d’un pseudo « sing-sing » avec les Huli wigmen; séance de maquillage :



Puis pose pour les photographes :




Vus de dos.

Et enfin, danse.


Les artistes saluent ; c’est fini (en fait tout ça a duré près de 2h ; je vous l’ai fait court, j’ai pris près de 50 photos !).

Notre ami Brent, qui est venu avec nous pour une fois, en profite pour faire la couverture de l’édition papoue de Vogue …

Deuxième « ethnic show », un village tout simple, une famille : la grand-mère, le grand-père, la fille, les petits enfants et le cochon ; le père est sans doute qqpart, on ne sait où …



Déjeuner pique-nique, et hop, troisième show : la « wig school » ! Là, ça mérite quelques explications. De jeunes hommes désirant se marier et trop pauvres pour acheter leur femme (rappelons qu’ici, les femmes s’achètent, essentiellement avec des cochons -du moins à la campagne- ; en ville, pas déconner, c’est du fric qu’on doit donner à la famille). Or donc, ces braves jeunes gens désargentés (oserai-je dire décochonisés ?) viennent dans cette école où on leur apprend à faire pousser leurs cheveux, grâce à un maître qui rend magique l’eau qu’ils se passent trois fois par jour sur les cheveux pour qu’ils poussent plus vite. Au bout de 18 mois environ, leurs cheveux sont assez longs pour qu’on les coupe et qu’on les vende (!) aux fabricants de perruques (perruques de tous les jours ou perruques de fête -mais perruques en cheveux naturels, et uniquement cheveux d’hommes !-). Une seule vente ne permet pas d’acheter la femme de ses rêves, on revient donc trois fois, quatre fois, … (nous avons vu un mec qui était là pour la 5ème et dernière fois ; il allait ce coup-ci avoir assez d’argent pour se payer le bon nombre de cochons et avoir enfin sa femme ; ça lui aura pris 90 mois, tout de même, faut pas être pressé !)
Quelques images de cheveux en cours de pousse ; pour l’un depuis 12 mois, pour les autres un peu moins …



Le professeur de pousse de cheveux :

Quand on rentre, il flotte et il fait presque froid !

Je ne pensais pas qu’on pouvait attraper de rhume en PNG. Merde, ben en fait, si ! J’ai une crève d’enfer …
2ème "billet" de Claire :
C’est vraiment un pays où la pollution nous a épargnés, où la nature est belle mais il fait soit trop chaud avec des moustiques soit trop humide.
Et surtout c’est pas une vie de planter des patates douces le matin puis de manger une patate douce à midi puis de se planquer tout l’après midi dans sa hutte où la fumée encrasse tout à se raconter je ne sais quoi en attendant la patate douce du soir et … le lendemain.
Ici, les hommes et les femmes ne dorment jamais sous le même toit. Ils copulent dans les champs sur des feuilles de bananier ou debout ! Pour signifier à sa femme chèrement acquise qu’il est disponible, tôt le matin l’homme s’en va tirer la queue du cochon le plus proche. Son cri attire la femme qui s’en vient aussitôt contenter son bonhomme ! Si c’est pas romantique tout ça ! Quel merveilleux pays !
Evidemment on y meurt très souvent en couches ! Quand les contractions arrivent on sort de la case pour pas salir et on fait son bébé dans les champs ! Si ça se passe mal, c’est ennuyeux parce qu’il faut redonner des cochons pour se remarier ! Sinon qui s’occupera des patates ! Remarquez qu’hommes et femmes ne mangent pas ensemble non plus et que si la femme retourne la terre, plante et récolte, l’homme sait très bien se faire cuire ses patates tout seul !
On n’est pas mécontents de se tirer, j’espère juste qu’on va avoir notre avion-taxi puis que notre avion pour la capitale ne sera pas annulé demain après-midi, sans quoi notre vol pour des cieux plus riants jeudi matin serait annulé et je ne tiens vraiment pas à moisir ici ne serait-ce qu’un jour de plus.
Quand je pense que c’est Patrick qui nous a traînés ici alors qu’il déteste la boue ! Moi, ça ne me gène pas pour aller me promener dans la forêt profonde, même seule, au risque de m’y perdre. C’est trop pénible de rester à glander tous les jours à partir de 14 ou 15 heures ! A entendre tomber la pluie. Le dîner est à 19h et on réussit en général à traîner jusqu’à 20 h ! En gros donc, glande de 15 à 18 puis lit de 20h à 6 ou 7h ! Je me demande combien de temps il va me falloir pour revenir à un rythme de vie normal !
Retour à Port Moresby
Mercredi 17 décembre
Journée de transition. Notre avion-taxi a déjà 1h 30 de retard … et ce n’est que le début d’une longue journée d’attente et d’angoisse (surtout pour Claire, qui se voit déjà bloquée ici !).
Finalement, l’avion arrive et ô surprise, il est complètement vide : il n’y a plus de sièges !!!
Ils en remettent tout de même 3, 2 tout à l’arrière (où nous nous installons) et un à l’avant où s’installe notre copain Brent.
Du coup, on s’amuse à prendre des photos de ce curieux aménagement.


Arrivée à Mount Hagen, transfert à l’hôtel Highlander, en ville, déjeuner autour de la piscine et re-départ pour l’aéroport. Evidemment, l’avion a du retard, annoncé à 16h40, puis 17h25, nous partirons finalement à 18h, mais, ouf, on rejoint bien Port Moresby.
C’est quand même ce qu’on appelle une journée de merde, où on passe son temps à poireauter …
Dîner à l’hôtel Airways, mise à jour blog et dodo.
Demain, lever 4h30, départ aéroport 5h pour décollage Brisbane 6h40 … enfin, ça, c’était la théorie …
Jeudi 18 décembre
Tout commence comme prévu … Sauf que, à l’aéroport, gros bordel ! Quoi c’est-y qui se passe-t-il donc ? Ben, l’avion pour Brisbane est en panne à Hong-Kong !?!
Un 757 avait été prévu en remplacement, mais il est en panne aussi, on ne sait où. Donc, seul avion dispo, un Fokker F100 qui va faire deux rotations, l’une à 6h40 (en réalité 7h et quelques), l’autre à 14h40 ! Priorité aux voyageurs Business class et à ceux ayant une connexion internationale ; ce n’est pas notre cas (on était en Business sur CDG-SYD, mais pas sur Air Niugini ! Donc on sera sur le deuxième vol … On change du coup nos billets pour Sydney ; on arrivera à 22h15 (Inch’Allah !), au lieu de 13h45.
Nous venons de gagner une matinée gratuite à Port Moresby en échange de notre après-midi à Sydney.
Ravis on est !
Et maintenant, va falloir voir si les nouveaux vols prévus sont à l’heure …
On n’est pas encore sortis de l’auberge …
(à suivre)
Bon, ben, c'est rapé ; notre vol aura finalement 10h de retard !!! Arrivés à Brisbane, plus de connexion pour Sydney ! On nous conduit à l'hôtel, nous paye le dîner, mais on ne sait pas trop quand on repart demain ...
...
Finalement on a trouvé un vol à 8h15 ... On est finalement arrivés à Sydney avec seulement un jour de retard ... Ouf !
Fin de nos aventures papoues ...

Très bien votre récit et complet ...
RépondreSupprimerJe sais pas si j'aurai autant de détermination que vous pour ce voyage ...
Plus modestement, j'ai été à Safaga en Egypte, un plus p'tit résumé que vous ci-dessous :
http://www.bmpp.org/voyages/cr_detail.php?lien=D153308921